• 23/10/2022
  • Par binternet
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En les suivant, les chemins de Bkerzay mènent à Ramzi Salman<

« Bkerzay est un village mais aussi à présent un livre. Un livre comme un point final à l’ouvrage bâti et son indispensable complément. » Il l’a rêvé, pensé, désiré, conçu et réalisé. D’abord ce lieu magique situé entre Baakline et Deir Dourit dans le massif du Barouk. Un village baptisé Bkerzay et qui illustre parfaitement l’amour de Ramzi Salman pour son village, pour « le beau Liban d’antan », comme il l’appelle, libre et ouvert au monde, et avec toutes les valeurs qui se perdent un peu plus tous les jours. Une belle preuve de son attachement indéfectible pour la nature, l’architecture et l’âme libanaises, que l’on retrouve tout au long des 343 pages de Les sentiers de Bkerzay, à la recherche du charme levantin (éd. Antoine), accompagnées de belles photos, mises en page par Earlybird et imprimées par Anis Printing Press. En les suivant, les chemins de Bkerzay mènent à Ramzi Salman En les suivant, les chemins de Bkerzay mènent à Ramzi Salman

En les suivant, ces sentiers de Bkerzay mènent à Ramzi Salman, ou est-ce le contraire ? En tout cas, l’union entre ces deux énergies, comme un amour inconditionnel et réciproque, a donné naissance à cet ouvrage que l’auteur, comme il l’avoue, a mis « en réalité 50 ans à écrire ». Tout comme il aura, quelque part, mis 50 ans à construire cet éco-village ancré au cœur du Chouf sur un domaine de 200 000 m2. « Un projet de préservation et de revitalisation de la montagne, de ses villages et de ses villageois, » comme il le définit.

Le village de Bkerzay, une réussite. Photo DR

Sauver le Liban

Directeur du groupe de construction A.R. Hourie, cet architecte de formation qui a le goût du beau, le goût des mots également, a choisi, dans un texte rédigé en français, un récit qui prend avec pudeur et simplicité des airs d’autobiographie, même s’il s’en défend, où chaque souvenir partagé mène à Bkerzay. « Je suis un Libanais qui a vécu son enfance et son adolescence à Ras Beyrouth, qui a quitté le Liban à deux reprises pour y retourner après une accalmie, dit-il. Un Libanais qui a vu et vécu le beau Liban d’antan. Qui a retenu toute sa vie les éléments de beauté de ce pays levantin au bord de la Méditerranée. Qui a assisté au déclin et à la dégradation de notre environnement, notre patrimoine et notre qualité de vie. Et qui s’est rebellé un jour en construisant ce projet, pour donner un bel exemple, pour créer des emplois dans la montagne et ancrer les villageois à leur terre. »

Dans un format de Coffee table Book, au gré des pages, le lecteur est embarqué dans une promenade ponctuée de confidences et d’illustrations pleines de poésie signées Maha Nasrallah. Vingt-sept chapitres où défilent les souvenirs d’enfance d’un écolier indiscipliné, les cours de récréation, les premières amours, le Beyrouth de ses parents, glorieuse ville et référence du savoir-vivre « durant laquelle, s’indigne-t-il, le Liban est passé d’un pays de rêve et de beauté à un pays de cauchemars et de dégradation ». Puis ceux de l’adolescent, du mari, du père exilé avec sa famille aux États-Unis, avant le grand retour. Dans ce récit, Salman essaie ainsi de revenir aux sources qui l’ont inspiré à construire ce projet colossal, insensé aux yeux des sceptiques, dicté par une architecture typiquement libanaise dotée de la dernière technologie qui en a fait un exemple d’harmonie écologique. « Ce livre était nécessaire pour expliquer le pourquoi de Bkerzay. Il complète l’histoire de ce village devenu autosuffisant en assurant des emplois à 100 familles. Ce lieu est avant tout un hommage au Liban, une réaction à sa destruction. » Et de poursuivre : « La recherche du charme levantin, comme indiqué dans le titre, en est le thème directeur. J’ai écrit ce livre pour expliquer que le projet n’a pas seulement pris 23 mois pour être construit, mais en fait plus de 50 années de ma vie, durant lesquelles chaque expérience vécue, chaque élément sont restés dans ma tête devenue une boîte à images et à sensations. » Il cite ainsi, entre autres repères, la voûte de la place de Bkerzay qui encadre la mer, inspirée d’une arche à Ras Beyrouth qui se trouvait dans la maison baptisée alors la Maison Total ; le chemin à travers la forêt qui mène au village, inspiré par la maison Abdelmalek à Bater « où mes parents nous emmenaient les dimanches. Ou encore les caves du Roy, l’architecture et la nature locales, le campus de l’AUB, le parfum de l’IC, de Ras Beyrouth et du Sporting, de Gemmayzé et des fabuleuses maisons de la rue Sursock. Aley, Bhamdoun, Sofar, Jezzine, les chansons de Feyrouz ou l’odeur du café turc… Ces éléments et ces lieux qui constituent le charme indélébile du Levant libanais ».

En les suivant, les chemins de Bkerzay mènent à Ramzi Salman

Un ouvrage comme un combat pour que le Liban demeure. Photo DR

Avec ce livre, Ramzi Salman signe de sa sensibilité, de sa franchise, de sa nostalgie et de sa colère deux accomplissements qui auront donné à sa vie le sens qu’il a toujours recherché et partagé. « C’est le Liban que nous désirons retrouver pour l’offrir à nos enfants et nos petits-enfants… », conclut-il dans un dernier souhait.

*La signature aura lieu le mercredi 22 décembre, de 16 heures à 21 heures, à la Maison Rayes, rue Sursock.

Présent dans tous les points de vente de la Librairie Antoine, « Les sentiers de Bkerzay, à la recherche du charme levantin » trouve également sa place légitime et privilégiée à la boutique de Bkerzay, entre les poteries et autres souvenirs fabriqués par les maîtres potiers du village. Une version anglaise est prévue pour janvier en attendant celle, arabe, qui suivra certainement.