• 18/02/2023
  • Par binternet
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L’espoir d’un bel avenir anéanti pour les femmes afghanes<

Une jeune mère afghane est affligée par l’idée que les femmes de son pays perdent l’espoir d’avoir un avenir pour elles et leurs filles avec la reconquête de l’Afghanistan par les talibans.

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«Je voulais changer le pays pour que ma fille de neuf mois ait un plus beau futur que moi, et aujourd’hui, avec la situation, je ne sais pas si je vais pouvoir faire quelque chose pour elle. Je veux voir ma fille grandir, je veux la voir s’éduquer et surtout qu’elle puisse avoir des opportunités dans la vie», confie, la voix tremblante, une Afghane de 28 ans, qui vit à Herat, une ville de l’ouest du pays.

Par peur pour sa vie et sa sécurité, celle qui habite à plus de 800 km de Kaboul, la capitale du pays, a demandé à garder l’anonymat pour ne pas se faire retrouver par les talibans, qui ont instauré un régime de terreur entre 1996 et 2001.

Lors d’un appel effectué via une application de télécommunication cryptée, la jeune mère se souvient de l’arrivée des Américains et des forces alliées dans son pays. Elle avait alors 8 ans.

«Avant, mon père nous donnait des cours à la maison à mes frères et moi puisqu’on n’avait pas accès à l’école. Quand les Américains sont venus, on a pu aller à l’école. Ensuite, nous sommes allés au secondaire, puis à l’université à Kaboul», explique celle qui a été diplômée en droit et sciences politiques.

L’espoir d’un bel avenir anéanti pour les femmes afghanes

Les chances de s’en sortir étaient à portée de main.

Plus d’espoir

Mais en reprenant le pays après 20 ans de guerre, les talibans ont anéanti tout espoir d’avenir pour la jeunesse et surtout pour les femmes, affirme-t-elle en sanglotant.

«Notre avenir, nos plans ont disparu. Nos rêves sont partis, nos carrières aussi.

«C’est tellement triste de voir que maintenant, nous n’avons plus notre place dans la société. Je me sens si faible, je ne peux rien faire pour changer ça, je n’ai pas le pouvoir de le faire. Je n’ai aucun choix, je n’ai aucune voix», laisse-t-elle tomber.

Bientôt, elle pourrait perdre ses droits et son égalité face à son mari, avec le retour de la charia, la loi islamique que les talibans prônent.

Alors, la seule porte de sortie serait de trouver refuge dans un autre pays, pense-t-elle. Avec son mari, ils ont d’ailleurs fait leur demande pour tenter d’obtenir un visa pour fuir au Canada avec leur jeune enfant.

Cette terre promise lui permet de rêver de continuer à lutter pour l’égalité, d’encourager les femmes à s’impliquer dans le développement de leur communauté et à parler de leur problème, comme elle le faisait depuis quatre ans.

«J’espère que nous arriverons à venir», dit-elle dans un anglais timide.

Déjà des changements

Dans le contexte actuel, la jeune mère a dû arrêter de travailler, car cela devient trop dangereux pour elle.

«Il vaut mieux que les femmes ne travaillent pas, pour ne pas avoir de problème», souffle-t-elle.

Les hommes qui travaillent dans les bureaux ont aussi troqué leur costume cravate pour des tenues plus traditionnelles. Certaines femmes ont commencé à remettre le voile intégral, la burqa. Effrayées de sortir, elles sortent aussi beaucoup moins depuis l’arrivée des talibans, raconte la femme de 28 ans.

Ce retour vingt ans en arrière lui fait aussi craindre que dans quelques mois l’Afghanistan tombe encore dans l’oubli, alors qu’aujourd’hui le monde a les yeux rivés sur son pays.

«Dans les années 90, avant les attentats du 11 septembre, personne ne savait ce qui se passait ici. C’est quand les tours jumelles se sont effondrées que l’on a vu ce qu’il s’y passait. J’espère que, dans quelques mois, on essayera encore de nous aider», dit-elle la gorge serrée.

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